Métro-Alternatives vote CONTRE le budget ! Intervention de Michel Savin en Conseil
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Les années passent, et rien ne change dans la manière de construire le budget !
Tout d’abord sur la forme notre groupe demande une nouvelle fois à ce que toute modification effectuée à posteriori d’une présentation en commission, ou d’un Bureau soit signalée dans le document. Il est difficile de comparer en pleine séance, page par page, chiffre par chiffre, deux documents différents. Sur le fond que dites-vous dans le préambule de votre document budgétaire ?:
Qu’il y a bien sûr cette crise internationale sans précédent et sa déclinaison nationale et locale avec une crise économique et sociale difficile à vivre pour nombre de nos citoyens, certains d’entre eux ont perdu leur emploi, certains malheureusement risquent de le perdre, pendant que d’autres subiront les emplois à temps partiels, les contrats précaires.
Beaucoup ont vu leur pouvoir d’achat diminuer, entraînant de fait des difficultés pour se loger, pour se chauffer, se nourrir décemment et régulièrement.
De nombreuses entreprises ont été enregistrées en faillite auprès du tribunal de commerce, beaucoup d’emplois ont été perdus.
Alors oui, le contexte est difficile :
Notre agglomération n’est pas épargnée par cette situation particulière lorsque l’on parcourt les documents de ce budget
« que l’épargne nette de la métro reste fragile. Les résultats de la prospective de mars 2009 confirme cette tendance avec une épargne nette inférieure à 5 M€ chaque année. La part d’autofinancement reste donc limitée à 7,5% des investissements…. » ;
- « l’endettement de la Métro ne cesse de croître : depuis 2000, l’encours de la dette est passé de 160 à 366 M€ » ;
- « il est nécessaire d’optimiser la capacité de désendettement par la recherche d’un niveau élevé d’épargne brute »….
Ces vœux pieux nécessiteraient d’une part une réelle maîtrise des intérêts liés à l’endettement de la Métro et d’autre part, la définition d’une politique budgétaire claire pour les années à venir.
Oui il est temps comme le font d’autres collectivités de revoir notre fonctionnement au lieu de faire croire comme chaque fois que l’Etat est l’unique responsable de tous nos malheurs : en cause, ses réformes et son soi-disant désengagement à l’égard de notre collectivité.
Le fameux désengagement de l’Etat ! Celui dont on ne cesse de parler et derrière lequel on se cache pour justifier de nouveaux impôts !
Ce fameux désengagement de l’Etat qui curieusement sur notre agglomération, se traduit par des centaines de millions d’euros de participations financières au travers du plan campus, du développement des pôles de compétitivité, du plan de relance déclinée a travers plusieurs projets sur notre territoire, de la politique logement particulièrement volontariste…
Peut être devons nous interroger sur d’autres justifications que celle du désengagement de l’état.
Pour revenir au projet de budget de notre agglomération et «Dans ce contexte encore fragile », que faire pour accompagner nos concitoyens et nos entreprises dans cette crise ?
On aurait pu croire que par solidarité, on allait réduire les dépenses. Non, on continue, comme si de rien n’était…
Les dépenses de fonctionnement augmentent de 4, 6 M€
L’emprunt progresse de 5 M€ avec pour conséquence un alourdissement de la dette
Les dépenses de communication sont de 1,8 M€
1ère solution :
- de construire un réel plan de désendettement de la Métro
- de mieux cibler l’investissement…. Ce qui pose la question du choix des priorités de la Métro
2ème solution : l’option « Métro »
… c’est-à-dire faire comme si de rien n’était.
En clair, votre choix est d augmenter l’emprunt, et son remboursement en partie par une augmentation de la fiscalité.
A ce rythme il restera 2 solutions :
- Hausse de la fiscalité sur les ménages
- Diminution des reversements aux communes.
On aurait préféré encourager notre politique en faveur de l’emploi et de l’économie en accentuant notre effort en matière de développement des zones d’activités. Non, on continue à « stocker » des hectares de terrain à vocation économique comme sur la commune de Muriannette au prétexte de ne pas froisser des amitiés politiques.
On aurait pu croire, que les compétences de la Métro allaient faire l’objet d’une redéfinition prioritaire, il n’en est rien. Ce débat devra bien avoir lieu dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, notre proposition était d’anticiper ce débat au lieu de le subir.
A l’heure de la suppression d’une partie de la taxe professionnelle, on aurait pu croire, que l’on allait raisonnablement stopper les hausses d’impôts sur les entreprises. Non, on continue à augmenter au maximum de nos possibilités la fiscalité sur nos entreprises déjà bien à la peine, + 5,5 % pour un taux passant de 21,48 % à 22,67 %. Notre agglomération est dans le peloton de tête des communautés d’agglomération de France en matière de pression fiscale sur les entreprises !
Sans oublier les hausses d’impôts sur les contribuables de l’agglomération , avec l’augmentation moyenne de 10% de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères et avec une deuxième année de prélèvement de plus de 10 M€ sur le pouvoir d’achat des habitants de nos communes de l’agglomération.
Faut-il attendre que la crise soit d’une plus grande ampleur encore pour prendre les mesures nécessaires
Il n’est pas donné à tous de savoir-faire des choix, à fortiori lorsqu’ils sont difficiles et parfois impopulaires. Il est plus facile de vivre au jour le jour et de ne pas anticiper l’avenir !
Que dire de la baisse des taux d’intérêt qui vous offre un répit bien salutaire mais temporaire et qui représente un risque en cas de hausse, car c’est en millions d’euros que l’écart se creuserait !
Il est tellement plus facile de mettre en avant le supposé désengagement de l’Etat et les conséquences de ses réformes, lorsque l’on sait pertinemment que les difficultés financières de la Métro sont liées à une gestion mal maîtrisée et mal adaptée des dépenses de fonctionnement et d’investissements.
Bien sûr, vous allez dans quelques instants nous expliquez que nous dramatisons, que vous maîtrisiez la situation et que seules les réformes de l’Etat sont responsables de vos inquiétudes pour l’avenir.
Permettez-moi, une fois de plus de vous rappeler les propos que prononçaient ici même Michel Albouy et Lionel FILIPPI au nom du groupe Métro-Alternatives, analyse et remarques qui s’avèrent aujourd’hui étrangement d’actualités, notamment à la lecture du rapport de la Chambre Régionale des Comptes.
Nous craignons malheureusement que ce nouveau mandat ne nous donne une nouvelle fois raison sur nos perspectives d’avenir et ce, tant qu’un véritable débat concernant nos compétences et nos priorités n’aura pas eu lieu et que des décisions en conséquence n’auront pas été prises.
Notre groupe votera contre ce budget qui ne trouve son équilibre qu’au travers d’un recours à la fiscalité et à l’accroissement de la dette.




